Union des associations
"Solidarité Anorexie Boulimie"

Association familiale aidant les personnes concernées directement ou indirectement par les troubles du comportement alimentaire

Témoignages


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Vous lire, c'est aussi notre richesse ! vos paroles écrites nous sont utiles et nous aident !

Bonjour 
J'ai bien reçu un email de votre part et vous en remercie
J'ai mis en place moi même un protocole pour aider Henri,
étant donné que le pavillon des adolescents sur le CH de cholet refuse toujours
notre prise en charge en consultation comme nous sommes du 79 et non du 49,
même si nous habitons seulement à 15 km de cholet et
sur bressuire il n'y a pas vraiment de cellule pour ce genre de problème, il faut aller sur poitiers 108km ou Niort 80 km;
Il est suivi par un pédiatre sur cholet lequel a envoyé un courrier à la clinique BARBARA de Nantes.
Protocole pour Henri :
=> Relaxation avec réflexologie plantaire,  avec soin corps modelage et digipression
=> Diététicienne (c'est une sportive en course à pied donc comprend bien Henri )
=> Médecin sportif  (comme Henri ne voit que par le sport j'ai pensé que cela pourrait l'aider )
=> Addictologue  ( qui est son médecin traitant )
=> Psychologue
On le pousse à continuer de sortir avec ses copains et nous passons énormément de temps à discuter.
IL fait bcp d'effort mais le gras le sucré sont ses pires ennemis .on avance d'un pas et on recule de 2.
voila les nouvelles de Henri .
à bientôt
Paule 

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je tenais absolument à vous faire part de mon histoire, de mon combat contre l’anorexie. Je voudrais pour commencer vous dire tout simplement que vous pouvez vaincre cette maladie, et même que vous y arriverez. L’anorexie se guérit. Doucement, longuement, mais on en guérit.

J’avais 15 ans quand les premiers symptômes sont apparus. Mes années collège ont été l’élément déclencheur sans aucun doute. Période de découvertes, de remises en question et surtout période où l’on ne sait pas vraiment qui l’on est. On se cherche, on veut ressembler aux autres pour se sentir accepter, mais cela n’est pas évident. Étant de nature très timide et réservée, je n’avais pas le profil de « leader », de fille populaire. J’avais les cheveux courts, je n’étais pas très maigre, j’étais petite et je portais un appareil dentaire…bref je faisais un peu tâche au milieu de mes trois meilleures amies, plus grandes, fines, cheveux longs et à la pointe de la mode.

Nombreuses ont été les moqueries que j’ai reçu, qui m’ont blessé, détruite et qui m’ont fait comprendre une chose : je devais changer. Alors j’ai laissé pousser mes cheveux, j’ai fait enlever mon appareil dentaire. Mais surtout, j’ai commencé à faire un régime. Moi qui adorais manger, j’ai dû prendre sur moi. Terminé le fromage, les frites, les plats en sauces, les desserts à la cantine. Je ressortais parfois le ventre vide ayant seulement avalé un morceau de pain. Durant les vacances d’été les choses se sont empirées. J’étais partie en Camargue avec mes grands-parents et il m’était totalement impossible d’avaler certains aliments. Hors de question pour moi d’ingurgiter une salade composée imbibée de vinaigrette (c’était trop gras), impensable de manger un plat de pâte ou une pizza, très compliqué de manger du riz car c’était un féculent, culpabilisant de me faire plaisir avec un sorbet (et même pas une crème glacée). Chaque jour je devais prévoir mes repas à l’avance et calculer en fonction de ce que j’avais mangé la veille ou l’avant-veille. Alors mes repas n’étaient plus du tout un plaisir. Je ne m’autorisais à manger que du poisson et des légumes vapeurs. Et cela pendant 10 jours. J’ai perdu environ 5 kgs en moins de 15 jours, passant de 47 à 42 kgs. Mes parents et mes grands-parents ont alors commencé à s’inquiéter. Moi j’étais fière, car pour la première fois, mes amies me l’ont fait remarquer : « Waouh Alizée, tu as perdu au moins 5 kgs ! ». Je me suis sentie forte, intéressante et rien ne pouvait me dissuader de poursuivre dans cette voie.

Alors les mois qui ont suivi, j’ai continué. Doucement. Durant la période automnale, j’ai continué à perdre un peu de poids, mais je mangeais encore suffisamment. Mon état a commencé à devenir critique à Noël. Les repas de fêtes fûrent catastrophiques. Je mourrais d’envie de déguster tous ces bons petits plats : petits fours, gâteaux apéritifs, huîtres, escargots, dinde, fromages, bûche de Noël, chocolats, …mais je m’en suis empêchée. Impossible pour moi de prendre, ne serait-ce que deux grammes. Alors, à ce moment-là mon combat contre l’anorexie a commencé car le plus important des symptômes est arrivé pour m’indiquer que mon corps se mettait en pause car il commençait à devenir trop faible : c’est l’aménorrhée. L’absence de règles est un signal d’alerte à ne pas négliger : la ligne danger est franchie. Cela est principalement dû à l’absence de matières grasses dans l’organisme, matières indispensables au bon fonctionnement du cycle féminin.

Mais ce n’est pas pour autant que ce signal d’alerte m’a provoqué un déclic. Je commençais à devenir celle que j’avais toujours voulu être, alors pourquoi m’arrêter là ? Il était finalement très simple de perdre du poids. Alors j’ai continué. J’ai été diagnostiquée anorexique mentale quelques semaines avant mon anniversaire en mars. Mentale, car finalement cette maladie n’est pas une bactérie ou un microbe, elle est imaginaire, invisible dans l’organisme puisqu’elle se trouve dans la tête. J’ai suivi plusieurs thérapies à la fois : je voyais un psychiatre qui n’a fait que m’enfoncer encore plus, et une dame pratiquant la médecine japonaise en Suisse. Aucun des deux n’a réussi à me sauver. Mais je ne peux pas leur reprocher. Du moment que l’on ne veut pas guérir, alors personne ne peut rien pour nous, car la maladie ne se guérit que par un seul remède : celui qui l’a provoqué. C’est-à-dire nous-même. À partir du moment où l’on se confine dans cette maladie et que nous ne voulons pas nous en sortir, il est impossible de guérir. Il faut avoir un déclic pour comprendre à quel point la situation est grave et dangereuse. Tout le monde autour de nous, famille, amis, ou autres proches peuvent nous le faire comprendre de n’importe quelle manière, tant que nous et nous seuls n’avons pas eu ce fameux déclic, alors il est impossible de guérir. Le déclic, je n’ai malheureusement pas eu la chance de l’avoir dans l’immédiat.

Mon état se dégradant de jour en jour, j’étais à présent au lycée et les journées étaient devenues un véritable calvaire. À ce moment-là, je ne prenais plus aucun plaisir à maigrir. C’était hors de contrôle, ingérable. J’étais sous la direction de cette petite voie dans ma tête, dépendante, addictive au contrôle. Tout maîtriser. Mes repas. Mon corps. Je faisais du sport à l’extrême. Bouger, toujours bouger pour brûler le peu que j’ingurgitais. J’avais une routine digne des sportifs de haut-niveau : étirements, squats, pompes, gainage pendant 1h tous les matins, footing, marche 3 fois par jour, étirements à nouveau après chaque repas, puis avant de dormir. Je suis descendue à 34 kgs.

Mon médecin traitant m’a mis en arrêt. Je n’avais plus le droit d’aller au lycée. Je ne mangeais plus à la cantine, je devais me rendre tous les midis chez ma grand-mère à quelques mètres de l’école pour y manger des tupperawres que ma Maman avait pris le temps de préparer avec soin et en fonction de ce que je lui demandais : brocolis à l’eau, radis, blanc de dinde cuit au court-bouillon. Mais malgré ça, je n’arrivais plus à manger. Je triais chaque aliment, un par un pour enlever le moindre morceau suspect, qui me semblait être gras ou malsain pour mon poids. Je voyais de la graisse partout. Je voyais les aliments comme mes ennemis numéro un, ceux qui allaient faire rater mon régime et me faire reprendre du poids. Alors je ne mangeais plus. Même les compléments alimentaires que des amis pharmaciens m’ont conseillé de prendre ne passaient pas. Ma famille était dans un état d’inquiétude extrême. J’avais beau les rassurer, je savais que je ne pouvais pas faire d’efforts. Je n’étais plus qu’une seule personne : l’anorexie.

Je me suis coupée de tout. N’allant plus au lycée, je ne voulais plus avoir à faire à mes amis, ni à personne. Je voulais juste être seule et continuer dans mon quotidien qui était devenu une véritable souffrance. Je ne remercierais jamais assez mon amie Marie qui, malgré mon état catastrophique et mon comportement égoïste à ce moment-là, n’a pas hésité une seule seconde à venir me chercher pour me faire sortir de la maison. Je n’oublierai jamais sa présence durant cette période compliquée, ainsi que celle de mon meilleur ami d’enfance.

Chaque soir avant de m’endormir je pensais à tous mes plats préférés que je ne pouvais plus manger. Je me disais que les autres avaient de la chance d’y avoir droit, mais moi cela m’était interdit. Interdit par qui ? Par moi et moi seule. Et chaque soir je me disais : « demain je ferais un effort, je m’autoriserais à manger telle ou telle chose pour me faire plaisir. » Mais chaque jour ce fût le même refrain. Je n’y arrivais pas. Impossible d’expliquer pourquoi je n’arrivais plus à manger, car j’avais faim, je n’étais pas dégoûtée en voyant de la nourriture, bien au contraire, j’étais alléchée par tous ces mets. Simplement je n’y arrivais pas, car chaque aliment avalés me provoquait une sensation terrible de culpabilité. Je devais tout de suite aller me dépenser pour éliminer. Interdit de m’asseoir de la journée. Même devant la télé le soir je devais rester accroupie sur le canapé, quitte à souffrir de fourmillements ou de crampes, mais je m’interdisais de m’asseoir. Je m’accordais 15 minutes à chaque repas et c’était tout. Tout le reste de mes activités se faisait debout. Parallèlement, j’avais tout supprimé de mon alimentation. Je ne m’autorisais que des fruits et des légumes natures, sans aucune matière grasse. Produits laitiers, viande, poisson, féculent étaient totalement absents de ma nutrition. J’étais devenue une épave, une autre personne au regard vide, totalement absente, loin vers ses démons d’addiction au contrôle. Je n’avais plus que la peau sur les os, j’étais devenue, comme disais mon Papa « une jeune fille digne des camps de concentration ».

Un soir de la fin avril, alors que je ne pesais plus que 29 kgs, j’ai demandé à ma Maman de me faire mon dessert préféré : un fondant au chocolat. Je voulais essayer de me faire plaisir et de prendre sur moi. Au bout de quelques bouchées, cette terrible sensation de culpabilité est réapparue, bien plus forte que d’habitude et je me suis agitée dans tous les sens pour éliminer. J’étais en train de me laisser mourir et je n’avais pas la force de m’en sortir seule ! La veille, j’avais préparé ma valise pour être hospitalisée à Dôle car j’étais certaine que les médecins allaient m’aider à guérir en m’hospitalisant. Mais ils m’ont renvoyé chez moi car selon eux, mon état n’était pas assez critique. Alors j’ai compris que pour être aider, je devais utiliser les grands moyens. Ce soir-là, j’ai alors simulé un coma en tombant. Mes parents paniqués, m’ont tout de suite emmené aux urgences où nous avons passé la nuit. J’étais cette fois certaine que j’allais (enfin) pouvoir être prise au sérieux par le corps médical et être aidée. Mais à 4h du matin, après plusieurs prises de sang (difficiles), les médecins m’ont relâché, jugeant mon état encore pas assez critique pour être admise en soins. J’ai donc perdu espoir. L’était critique dont ils parlaient c’était quoi ? La mort.
Mes parents m’ont ramené à la maison et j’ai alors compris que dès le lendemain matin, mon enfer allait reprendre.

D
és 8h du matin, ma routine sportive recommençait. J’étais à bout. Mes os craquaient à chacun de mes mouvements, j’avais des crampes partout, mal au dos, des absets au visage tant mes mâchoires ressortaient, je ressentais une fatigue intense et je n’avais qu’une envie c’était de m’allonger, de respirer profondément et de me détendre. Mais il était impensable de m’autoriser une pause. Le mot bien-être était totalement banni de mon quotidien et de mon vocabulaire. C’était comme si je voulais me punir de quelque chose, mais quoi ? Et puis cette sensation de faim permanente et cette société de consommation omniprésente qui ne fait qu’amplifier notre attirance vers la nourriture. Les publicités à la télé, les rayons pleins à craquer dans les grandes surfaces, les petites boulangeries de nos villages, … J’avais le besoin d’y aller, de me faire mal, de voir toute cette nourriture. Le seul plaisir était de les regarder, tout en me disant que je n’avais pas le droit de la consommer. Et à présent, les médecins ne voulaient pas m’aider à guérir, alors j’étais obligée de continuer à écouter cette voix dans ma tête qui me disait d’aller toujours plus loin.

Mes parents, mes grands-parents étaient dans un état lamentable. Mon Papa ne m’adressait plus la parole tant il m’en voulait de ne pas faire d’effort, de me laisser aller, et de me voir comme ça. Il pleurait chaque jour dans sa voiture. Mes grands-parents ne dormaient plus non plus. Jamais je ne les avais vu ainsi. Ma Maman était dans un état d’inquiétude et de fatigue avancées. Pour ça, je ne pourrais jamais me pardonner de les avoir fait souffrir de la sorte, même si cela n’était pas volontaire.
 

Ma lueur d’espoir arriva le 17 mai. J’étais arrivé au stade danger. 27,8 kgs. Mon Papa avait réussi à contacter un médecin pédiatre à l’hôpital le plus proche. Ce médecin était spécialisé pour les cas anorexiques et sans même m’avoir rencontré il a tout de suite dit à mon Papa qu’il fallait que je me rende à l’hôpital dès le lendemain. Mon hospitalisation commencerait à partir de ce jour. Le dernier soir auprès de mes parents fût un déchirement. Je n’ai absolument rien mangé. Impossible, ou plutôt interdit d’avaler même une seule pomme en entier. Je savais que j’allais être sauvé. Enfin. La nuit fût très difficile. Mon cœur battait très lentement et plusieurs fois j’ai cru me sentir partir. J’avais mal partout.

Enfin le lendemain matin, je suis partie avec mes parents, ma valise chargée dans la voiture. J’ai dit au revoir à mes grands-parents, à mon petit chat Zoé et à mon amie Marie. Je ne savais pas quand je reviendrais. À ce moment, la priorité était de me soigner. Puis nous sommes arrivés à l’hôpital et simplement en voyant mon allure, le pédiatre m’a hospitalisé. Je n’aurais pas survécu trois jours de plus, mais à aucun moment je n’ai eu conscience de la gravité de mon état. Si mon Papa n’avait pas trouvé de médecin, je serais décédée moins de trois jours après, tant mes carences étaient importantes (plus du tout de calcium, potassium, vitamines,…) et mon rythme cardiaque bas. On m’a alors posé une sonde gastrique que l’on m’a enfilé par le nez et qui passe par la gorge pour arriver directement dans l’estomac. J’ai été nourri comme ça pendant un mois, car il m’était incapable d’avaler quelconque aliment. Je pensais qu’en étant hospitalisée tout allait redevenir comme avant, que en un jour je pourrais remanger et ne plus culpabiliser, mais malheureusement, l’anorexie ne se guérit pas comme ça.

Le premier week-end fût une épreuve terrible et j’ai compris que mes idéaux de l’hospitalisation étaient bien différents de ce que j’imaginais. Je pensais que je pourrais me promener dans la nature, me reposer, prendre du temps pour moi comme dans les maisons de repos (c’était vraiment idiots mais je n’avais pas conscience de ce qu’était une hospitalisation). Alors j’ai vite compris que ce ne serait pas ça. En réalité, on m’a fait signer un contrat m’interdisant d’avoir quelconque contact avec ma famille pendant 48h. Aucune visite, aucun coup de fil. Rien. Je devais être coupée du monde, sans téléphone pour ne pas être tentée de regarder les nombres de calories ou des exercices physiques. Enfermée dans une chambre blanche et vide 24/24 h comme si j’étais en quarantaine. Alors on m’a demandé de faire tout l’inverse de ce que je faisais quotidiennement depuis plus de trois mois : rester assise en permanence et manger.

Les premiers jours je n’obéissais pas. C’était plus fort que moi. Je m’agitais sans cesse. Les infirmières ont même menacé de m’attacher si je ne restais pas tranquille. J’avais réussi à arracher ma sonde gastrique, qu’il a fallu remettre aussitôt en repassant à nouveau par le nez, la gorge. C’était très désagréable. De plus, je n’avais pas de chambre particulière. C’est-à-dire qu’au bout de quelques jours j’ai vu défiler dans ma chambre d’autres filles : anorexiques, boulimiques, suicidaires ,…étant déjà fragile mentalement cela n’a fait que m’apporter du stress en plus. J’étais devenue désagréable et méchante avec tout le monde. Je pleurais continuellement. J’ai même tenu un journal dans lequel j’écrivais jour après jour que je voulais mourir. C’était le début de ma guérison car je commençais petit à petit à prendre conscience de la situation et remonter la pente engendrait une dépression. J’étais en plein dedans. Étant au calme, face à moi-même sans pouvoir bouger de la journée faisait réfléchir et c’était le but des médecins : me faire avoir le déclic. Les journées étaient infernales, interminables et ennuyantes. Mes parents étaient les seuls visiteurs qui avaient le droit de venir me voir, mais de préférence pas tous les soirs. Ils sont malgré tout venus chaque jour, jamais ils ne m’ont lâché. Alors ce fameux déclic je l’ai eu un jour sans m’en rendre réellement compte : le pédiatre est venu me rendre visite en me disant que la durée de l’hospitalisation pouvait durer de 2 à 6 mois, voire plusieurs années ce qui engendrait un transfert en psychiatrie. C’est là que j’ai pris conscience qu’il me serait impossible de survivre dans un environnement instable gorgé de jeunes adolescents mal dans leur tête. Je n’étais pas comme ça, je devais absolument me sortir de cet enfer. Alors au bout de deux semaines environ j’ai commencé à manger un morceau de fromage. Puis j’ai réintroduit du pain. Puis petit à petit des matières grasses. Pendant deux jours je remangeais normalement. Absolument de tout et je ne culpabilisais plus. Je me reposais, je reprenais le temps de faire tout ce que j’aimais : lire, dessiner, écrire,… .J’ai passé un week-end merveilleux avec la visite de mes parents. Nous avons joué à des jeux de société tous les trois (il n’y avait que ça à faire, car les sorties à l’extérieur m’étaient encore interdites car je restais trop faible). Ils m’ont même dit qu’ils étaient en train de me retrouver. Nous nous sommes retrouvés tous les trois, comme avant à ce moment-là.
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alheureusement, cela n’a pas duré longtemps, puisque le lundi tous mes démons sont revenus à la charge me faire culpabiliser et c’était reparti pour une semaine très compliquée.

Il m’aura fallu plusieurs tentatives, rechutes pour pouvoir enfin finir mes plateaux repas complétement et ne plus culpabiliser. J’avais retrouvé goût à la nourriture et je n’avais plus la force de bouger et de me dépenser. Maintenant ma priorité était devenue de soigner ma dépression. La nourriture me faisait plaisir et j’ai alors manger beaucoup plus que je ne le devais. Mais mon médecin ne me l’interdisait pas. Il paraît que c’est normal en vue du manque que je me suis imposée durant des mois. Manger à ma faim était la seule solution pour pouvoir reprendre du poids, faire disparaître mes carences et retrouver mes esprits. Cette fois-ci ce fût la bonne, je n’ai pas rechuté. La culpabilité était terminée, même si je ne vais être honnête, il est difficile de se voir reprendre des formes dans le miroir. Mais un corps avec des formes reste toujours plus attirant qu’un squelette. Petit à petit, les médecins relâchaient les interdits et se montraient beaucoup moins sévères. J’avais le droit de descendre quelques minutes dans le hall de l’hôpital pour m’acheter une pâtisserie pour le goûter, j’étais autorisée à sortir de ma chambre toute la journée pour aller en salle de jeux, ma famille, mes amis pouvaient venir me voir… Et puis un jour on m’a retiré ma sonde car je me réalimentais normalement. Mon poids remontait doucement. Il y a certains jours à la pesée (deux fois par semaine) où celui-ci stagnait, mais cela dépendait des apports énergétiques des repas, du nombre de pas que j’avais fait, etc….Mon pédiatre m’autorisa des permissions au bout d’un mois. Mon premier retour à la maison fût catastrophique. La maison me rappelait tellement les derniers mois avant mon hospitalisation que j’avais l’impression de ne plus être chez moi. J’avais perdu mes habitudes avec mes parents alors ce fût très difficile. Je me sentais étrangère. Par chance cette année-là, la maison était en travaux donc à ma sortie d’hôpital, beaucoup de choses auront changé, comme si nous allions prendre un nouveau départ.

Les semaines passèrent et je retrouvais du plaisir à rentrer chez moi, j’attendais les week-ends avec impatience. Les retours à l’hôpital étaient très durs. Mais petit à petit les choses rentrèrent dans l’ordre, même si mes journées à l’hôpital étaient catastrophiques et me déprimaient encore plus. J’étais dans une dépression sévère, sous traitement mais au niveau somatique j’étais guéri. Il fallait maintenant soigner le côté psychologique qui a été très affecté et qui va devoir se remettre doucement de cette dure épreuve. Je voyais de nombreux psychologues, bénévoles qui m’ont beaucoup aidé. Je pense à une dame en particulier qui m’a encouragé à chacune de ses visites en me disant que « à ce moment précis tu as l’impression que jamais plus tu ne retrouveras le goût à la vie, la joie tout simplement, mais je t’assure que cela reviendra, je te le jure ». Je ne la croyais pas.

Le 13 juillet 2017 on a signé ma sortie de l’hôpital. Le pédiatre m’a dit qu’il est très rare pour des malades qui étaient arrivés au même stade que moi (27 ,8 kgs) de s’en sortir en moins de deux mois. Je suis rentrée chez moi en pesant 37kgs. Il m’a dit que j’avais été une battante incroyable contre cette maladie. Alors ces mots m’ont énormément aidé les temps qui ont suivi. Certes il a fallu que je continue à prendre du poids pour que tous mes esprits reviennent, mais je ne vais pas mentir en disant que cela a été facile. J’ai encore souffert de nombreux mois après. L’été a été catastrophique car ma dépression continuait. Je ne faisais plus du tout de sport, car le moindre mouvement me faisait repenser à cela et m’effrayait. Pareil, il m’était à présent impossible de manger des légumes tant j’en avais consommé auparavant. Je mangeais énormément, mais mon poids continuait à remonter doucement et très vite ma rentrée en 1ère est arrivée et a été une énorme aide. Je retrouvais une routine, mes amis, une vie sociale et mon esprit était donc occupé par des choses positives qui ne laissait plus de place aux vieux démons. J’ai retrouvé mes règles en octobre et c’est là que j’ai compris que j’étais totalement guérie : la fin de l’aménorrhée est le dernier symptôme de guérison.

Aujourd’hui cela fait pile trois ans que mon calvaire commençait. J’ai à présent 19 ans je pèse 47 kgs. Je suis étudiante dans une école de mode, j’ai une vie sociale épanouie avec mes amis que j’adore, un petit ami et des loisirs et activités sportives (sans être dans l’extrême). Je suis bénévole aux Amis de l’Hôpital dans le même hôpital où j’ai été hospitalisée. Très souvent je remonte dans le service pédiatrie pour revoir des infirmières ou des éducatrices que j’ai connu là-bas. Maintenant guérie je ressens le besoin d’y retourner régulièrement. De sentir cette odeur, de revoir ses murs peints d’images enfantines, car ils m’ont traumatisé à une époque et aujourd’hui ils ne m’effraient plus. C’est un besoin inexplicable mais je pense que cela est une belle façon de se réconcilier avec les mauvaises choses du passé. Je n’ai plus aucun problème avec la nourriture même si j’ai mis beaucoup de temps avant de vraiment lâcher prise avec les repas. J’ai eu des périodes de petites rechutes mais j’ai réussi à me reprendre en main avant que la situation redevienne grave. J’ai compris que pour être bien dans sa tête il fallait manger équilibré, mais de tout (oui oui même des frites une fois de temps en temps c’est bon à la santé et ça ne fait pas grossir !), pratiquer une activité physique modérée mais avant tout qui nous fasse plaisir. Et toujours rester positif quoiqu’il arrive, ce genre d’épreuve nous forge et reste une leçon. Croyez-moi on voit la vie différemment après ça. Je ne vais pas dire que je m’accepte à 100 %, mais je commence à être la jeune femme que j’ai toujours voulu être. J’ai de nombreux projets en tête et encore tellement de belles choses à vivre.

Alors moi aujourd’hui je voudrais m’adresser à vous, qui êtes peut-être dans la même situation que j’ai été il y a 3 ans, ou qui connaissez un proche souffrant d’anorexie. Je vous assure que l’on en guérit. Il faut en parler autour de soi et réagir assez tôt. Dès que la perte de poids devient importante il faut absolument se rendre dans un centre spécialisé pour la maladie ou se rendre auprès d’un professionnel. Mais il ne faut surtout pas s’isoler, ne pas rester seul. Et parler. Je n’ai fait que ça durant toute mon hospitalisation : parler. Ça aide énormément. Je ne remercierai jamais assez mon pédiatre. Même si je me sentais révolté contre lui au début, je me rends compte que sans lui je ne serais plus là aujourd’hui. Il m’a clairement sauvé la vie.

Et comme je le disais plus tôt peut-être que certains lecteurs ont un proche dans cette situation et pour cela je vous le dis très clairement : il ou elle a besoin d’aide. Sans soutien, sans aide, il est impossible de se sortir de l’anorexie seul. Il faut aider la personne à avoir un déclic. Certes ce sera elle et elle seule qui se sortira de la maladie, mais il faut l’accompagner car la laisser dans son coin ne pourra que faire l’effet inverse. Il faut trouver les bons mots et cela n’est pas évident. Lui dire la même chose que cette dame m’avait dit à l’hôpital, car je vous assure que si à ce moment précis rien ne va, vous vous sentez absent, vide, perdu, mal, en plein dépression, cela est temporaire. Je vous assure que la joie de vivre reviendra d’elle-même quand vous aurez retrouvé un poids de forme et rétabli toutes vos carences.

Alors à vous, je vous envoie toute ma force pour vaincre cette maladie. Croyez en vous et n’en doutez jamais : vous pouvez vous en sortir. Faites-vous aider, car seul on ne peut pas y arriver. Parlez-en autour de vous. La nourriture n’est pas votre ennemie, bien au contraire elle est la clé de votre guérison 

 La vie est belle.

Alizée 


Je voulais encore vous remercier de me tenir au courant de vos réunions et de m'envoyer les comptres rendus
car je me sens trés seule face à cette maladie et incapable de venir à votre rencontre à cause de ma fragilité et de mes obligations familiales mais mon témoignage pourrait servir.
J'ai 5 enfants de 15 à 26 ans La maladie est sous jacente depuis mon adolescence avec des périodes plus difficiles que d'autres mais j'ai réussi à mener une vie hyperactive avec un métier et trop d'activités..
Il suffit d'une période plus dificile pour que le passé vous rattrappe et que l'on réalise que l'on est vraiment malade et que l'on ne s'en sortira pas toute seule. A suivi une année soignée par un médecin puis une première hospitalisation à toulouse à la clinique castelvieil puis une année à st yves à rennes et maintenant un mois que je suis sortie et ,malgré toute une avancée psychologique ; la maladie est là bien ancrée et je suis sur le fil dans un blocage alimentaire alors que j'ai un entourage formidable qu'il soit familial ou médical.
Trouver chaque jour une raison de continuer à se battre pour triompher.

Annie

je suis venue hier à lorient pour la première fois à votre réunion. Je tenais à vous remercier de votre accueil et effectivement je pense que cela peut m'apporter beaucoup!Vous avez un regard différent sur cette maladie et je me suis vraiment sentie à l'aise!J'espère aussi pouvoir apporter mon aide à votre association! J'ai cru comprendre que vous faites des interventions dans des lycées et je trouve cela vraiment bien!Si jamais vous avez besoin de personne, je serais d'accord d'intervenir!En tout cas, j'attends avec impatience la prochaine rencontre!J'ai créé un blog par rapprt ma maladie et j'ai parlé de votre association, cela vous fera un peu de publiité!J'ai une amie anorexique qui vit sur poitiers et voudrait savoir si il existe ce type d'association sur poitiers?
Merci pour votre accueil encore une fois!

julie

Je suis atteinte d'anorexie mentale depuis 8 ans. Cette maladie a commencé à l'âge adulte et non en periode d'adolescence. J'ai été à plusieurs reprise hospitalisée dans des cliniques ou des hôpitaux qui ressemblent plus à des prisons. Je dis ceci par la méthode employée par le corps médical pour "soigner" cette pathologie. Je suppose que l'anorexie est apparue pour mon cas suite à une dépression non prise à temps. Bref aujourd'hui je fais partie de l'association anorexie de Pornichet. Bruno a perdu sa fille atteinte d'anorexie et aujourd'hui nous nous battons à ces côtés pour que la prise en charge de cette maladie ne soit plus faite par l'intermédiaire de contrats punitifs (chantage à la carotte : si tu prends 100g, tu auras le droit de voir tes parents, ou de sortir...). Bref, nous cherchons des solutions beaucoup plus souples avec des thérapeutes mieux informés sur cette maladie, avec bien évidemment un suivi médical mais aussi permettre au malade de pouvoir diriger son mental obsédé par le contrôle de la nourriture vers des activités artistiques, intellectuelles, corporelles...Nous savons que la maison de Solenne fait ce genre de prise en charge mais réservée aux adolescentes, pourquoi y a t-il pour cette maladie si peu de lits dans les cliniques spécialisées et pourquoi y a t-il un âge limite pour y être accepté : les adultes n'auraient t-ils pas les mêmes droits afin de guérir de cette maladie qui est une véritable souffrance ? Nous aimerions que des maisons ouvertes soient enfin créées.
Voilà c'est le témoignage que je voulais vous apporter

Isabelle

Je pense très fort à vous tous qui luttez de manière active pour enrayer cette maladie qui fait tant de dégats.Quand aux malades, je suis de tout coeur avec eux car je sais combien cette maladie « l'anorexie » est éprouvante, dure à vivre.
Si j'avais des conseils en tant qu'ancien malade à donner aux anorexiques il serait le suivant :
* Apprenez à vous aimer car même si on se croit fort qiuand on est malade en tout gérant on est très fragile.On se fait plus de mal en tout contrôlant.
* Il faut savoir lâcher prise, laisser parler ses émotions, ses sentiments. C'est le début de l'amour propre, de son amour propre.
* Parfois pleurer, dire que l'on ne va pas bien n'est pas un signe de fragilité, ni de faiblesse, mais bien au contraire.
* Il faut aussi se sociabiliser; c'est à dire se faire des amis ( ou un/une ami(e) ) avec qui on peut parler, avec qui on peut partager ses problêmes.
C'est souvent plus façile qu'avec ses parents. C'est ce que j'ai fait et ça m'a fortement aidé à me guérir et à retrouver goût à la vie.
* En s'aimant on remarque que la vie autour de nous n'est pas comme on la concoit sous la maladie. On ne percoit plus les regards des autres comme du dénigrement, comme négatif. On remarque que le regard des autres est si beau que ces personnes ont mal pour nous, éprouvant une certaine amertune de nous voire malade.
* Aussi il, faut chercher d'ou vient notre mal, le début de la maladie. Parfois ça peut être lié à une affaire de famille, un sport, à l'école, une perte de parents, une déception amoureuse. Tous ces facteurs peuvent être les déclencheurs de l'anorexie. En mettant le doigt sur ces son problême, on s'ouvre la porte vers la guérison. On pointe le mal.
De même, il faut, à mon sens être capable d'appeler cette maladie par son nom « ANOREXIE » et savoir le dire sans retenue.

Pour ma part j'ai trouvé le pourquoi de cette anorexie chez moi. Bien qu'il y a encore des choses à comprendre. Tout a commençé lorsque j'étais plus jeune ( j'avais 3 ou 4 ans ). l'anorexie ne s'est pas réveillé pendant 13 ou 14 ans. C'est à mes 17 ans qu'elle est apparue. J'ai commençé à faire du sport de haut niveau me demandant des exigences, comme un régime alimentaire. Mon entraîneur m'a poussé à en faire un afin de gagner en légereté et atteindre un poids de forme, facteur important en athlétisme pour améliorer ses performances. Ce régime a dérapé et s'est tourné en engrenage. Il a réveillé chez moi quelques douleurs d'enfance et le maque de reconnaissance paternelle ( 17 ans ) alors que j'avais besoin de son soutien pour réussir. Mon père m'a éduqué comme un roc, à ne jamais pleurer, à ne jamais donner mes sentiments.Il n'a jamais su me dire « je t'aime » durant ma jeunesse alors que c'est si important pour un enfant. Je me suis rendu compte que mon pére pensait à lui sans se soucier de ma mère, de mes fréres et de moi-même. Durant toute ma jeunesse j'ai vécu avec ce poids en le comprenant au fure et à mesure, sans pouvoir en parler, sans pouvoir pardonner. Aujourd'hui j'ai compris que je devais pardonner mon père, ne pas lui en tenir rigueur. Je me dis que savoir pardonner, c'est savoir s'aimer et aimer.

A ce jour, j'ai 24 ans, l'anorexie est toujours présente en moi. Mais maintenant je la gère. c'est à dire que je ne vomis plus. Je mange normalement. Je sors avec mes amis. Je travaille en toute sérénité. Je me fais plaisir. Je me rends compte que pendant les 5 ans de ma maladie, j'ai loupé beaucoup de joie de la vie, des rires, des amours, ....
Actuellement je me rattrape sans pouvoir bien entendu rattraper les 5 années perdues. Mais c'est pas grave. J'ai compris que la vie mérite d'être croquée à pleines dents !
Alexis

les erreurs sont humaines. la perfection est vanité ! l'être humain est fragile, incertain, imparfait ! c'est la condition humaine !
la vie n'est pas toujours celle que nous avions projetée, rêvée ! les pages douloureuses accompagnent les pages heureuses !
la culpabilité ne doit pas nous empêcher d'avancer, de progrésser, de changer. les obstacles ne doivent pas nous anéantir, mais au contraire nous faire réagir et nous faire évoluer.
c'est vrai aussi que pour retrouver l'espoir, le gout de l'aventure humaine, le bonheur, l'existence nous avons besoin de marcher enesemble, avec d'autres, solidairement.
seul nous trébuchons, nous chutons, nous recilons ! avec d'autres nous reprenons espoir et nous retrouvons l'immense valeur de l'aventure humaine.

Bruno

j'ai 16ans et demi
Il y a deux ans j'ai été hospitalisé en urgence durant deux mois et demis pour anorexie.
Je suis descendu à environs 29 kilos pour 1.61m.
J'essaye tant bien que mal de m'en sortir et ce n'est pas simple tout les jours ...
Il y a environs trois jours j'ai vus un reportage sur le journal de 20heures sur l'anorexie.tous ces témoignages de jeunes filles m'ont vraiment fait pensé à ce que j'ai vécu.
J'aimerais les aider leur dire qu'elles gachent leur vie future...et je pense que leur en parler me ferait aussi avancer ...

Bérénice

je n'ai pas eu beaucoup de temps cette semaine, ma puce était là, les retrouvailles nous ont fait du bien même si ce n'est pas encore comme je voudrais !! la boulimie et les idées noires sont présentent mais nous avons été heureuses d'être ensemble.
Merci pour les nouvelles d'Isabelle, je suis ravie que vous ayez pu aller la voir, cela a du lui faire beaucoup de bien, et ouvrir une lueur d'espoir car elle n'est plus seule maintenant puisque vous avez pu la voir et nous sommes nombreux à penser à elle.
ce qui est le plus dur c'est de pouvoir se changer les idées, être pris en charge pour sortir de ces pensées obsessionnelles qui nous tirent vers le bas, et personne pour nous aider à nous en sortir, voir autre chose, parler d'autre chose, oublier, trouver du répit, du repos, arrêter de penser pouvoir passer à autre chose, j'ai connu cela mais je suis heureuse de rappeler que l'on peut s'en sortir, la route est longue quand on est seul, mais à travers l'épreuve aussi douloureuse soit elle il y a quelque chose à apprendre, à découvrir, progresser jusqu'à pouvoir s'aimer et pardonner aux autres de ne pas nous comprendre et pas savoir nous faire le bien dont nous avons besoin, vouloir les aimer malgré tout ce qui nous sépare, éviter de ce disputer, dédramatiser le plus possible.

Manny

La mère d'Isabelle était présente à notre dernière rencontre. Sa présence a été utile, pour elle et pour nous. elle a pu parler de sa fille, s'intérroger sur l'isolement de sa fille à l'hopital, sur le traitement éffectué, sur les résultats à attendre. Elle se demande pourquoi elle ne peut la voir ni rencontrer le médecin. Elle a pu témoigner de cette hospitalisation néçéssaire mais très douloureuse pour Isabelle et ses parents. Elle a pu rencontrer des personnes qui connaissent la maladie et la souffrance d'Isabelle.

Bruno

Merci de nous donner des nouvelles d'Isabelle. Même si nous ne pourrons être présents samedi - et nous en sommes désolés - nous penserons bien à vous.
Pour ce qui nous concerne, Claire-Audrey va beaucoup mieux en ce moment. Pourquoi ? Elle fait du bénévolat dans une maison de retraite (dans l'animation - elle fait des sorties, différentes activités ).
cela l'occupe mais aussi et surtout, elle se sent utile aux autres, elle est très heureuse dans ce milieu et les personnes âgées l'adorent ; cela lui permet de reprendre confiance en elle ; elle voit aussi qu'il y a des gens plus mal qu'elle, ô combien ! Tout cela peut constituer un déclic et constitue, sûrement, la meilleure des thérapies. Et nous formons le voeu que cela l'aide à trouver le chemin de la guérison. Notre sentiment, par rapport à cette maladie, c'est bien qu'il faut se fixer des buts, des objectifs à atteindre, et trouver des occupations, ne pas rester enfermés, s'ouvrir aux autres, tout en pensant bien sûr à soi.
Je pense que pour Isabelle, le problème est là : elle est seule chez elle ; il faudrait - lorsque son état de santé le lui permettra bien sûr - qu'elle retrouve des centres d'intérêts, des occupations pour ne pas rester dans son monde, cet enfer de bouffe qui lui gâche la vie.
Et c'est vrai, comme tu disais, lorsque la personne travaille, c'est déjà un grand pas vers la guérison.
Nous serons heureux de vous retrouver tous le mois prochain.
Sylviane, Xavier et Claire-Audrey

j'ai vu Isabelle de 15h00 à 16h00 à l'hôpital.
alors que la secrétaire a commençé par me dire que je n'avais pas le droit de la voir, alors que j'avais eu l'autorisation la veille !
elle a été hospitalisée contre son gré, avec les signatures de ses parents et de son médecin traitant.
ses parents l'ont amené de forçe aux urgences. Elle souffre de son enfermenent non voulu par elle.
elle avait un psychiatre depuis samedi 28 jullet, avec lequel elle s'adaptait et parlait. Elle avait même obtenu le droit d'avoir des visites. Mais hier ce médecin est parti en congé et le nouveau a supprimé le droit aux visites et au téléphone. c'est donc, pour elle, un retour en arrière !
Isabelle sortira de l'hopital quand elle pésera 38 kilogs. on lui demande de manger. mais malgré son désir de manger, elle n'y arrive pas.
elle passe sa journée dans sa chambre. elle prend ses repas avec les autres, et quand il fait beau elle sort dehors.
quand elle commençe à se lier avec une infirmiére, il y a changement du personnel.
elle a peur de ne pouvoir reprendre du poids.
je lui ai dit que nous pensons tous à elle, au sein de notre association, que nous sommes avec elle, que nous sommes préssés de son retour à nos rencontres mensuelles.
Isabelle disait qu' elle avait boudé nos rencontres parceque nous parlons que de la maladie.
je lui ai dit que si elle était présente à chaque rencontre, elle nous connaitrait mieux, que nous pourrions être plus unis, que des événements peuvent naître au cours des réunions.
je lui donnais l'exemple d'un personne qui viendra à Vannes en septembre parler d'un projet de voyage dans un désert, et de l'idée d'une maison ouverte, libre, pour venir se reposer, se retrouver avec d'autres. je lui donnais l'exemple d'une salle de danse mise à notre disposition. pour qui sait patienter et attendre, l'aventure est possible, une opportunité peut surgir !
je rendrais visite à Isabelle dans une dizaine de jours, avec le feu vert du nouveau médecin.

Bruno

je viens de lire le mail..L'anorexie est une maladie psychologigue. Lorsque la maladie est bien ancrée, je pense qu'il est nécessaire auparavant de chercher de l'aide médicale et un soutien psychologique avan tout. Il ffaut toujours se raccrocher à des objectifs précis, essayer de s'y tenir en sachant, pour y être passée, que Le combat est rude, mais possible !
NE JAMAIS DESPERER ! même dans les moments de doutes profonds et d'angoisses. la vie est devant !
Je terminerais avec ces quelques phrases qui me servent de repères lorsque je doute comme tout Le monde: LE SOLEIL SE LEVE TOUS LES JOURS POUR TOUT LE MONDE. IL SUFFIT DE SAVOIR LE REGARDER. Il ya toujours des solutions. Quelquefois elles peuvent être plus ou moins longues, je le sais, mais surtout NE JAMAIS PERDRE ESPOIR !

Laurence

Merci Fabienne pour votre témoignage émouvant et dramatique. vous décrivez une vérité qui est inacceptable humainement ! Vous vivez aujourd'hui, une situation de détresse terrible, une grande souffrance, et un abandon insupportable l. à partir de ce témoignage clair et net, ouvrons grands nos yeux sur la réalité en Françe. Aujourd'hui, nous constatons, avec tristesse et désespoir, la pauvreté des offres de soins pour Audrey et toutes les autres Audrey de notre pays, "solidaire" et "fraternel". Les lieux de prises en charge spécialisés n'existent pas ou sont débordés !
Les listes d'attente de ces centres, trés rares, sont trés longues, beaucoup trop longues ! il faut patienter combien de mois ? combien d'années ? pour trouver les soignants de cette maladie, c'est une quête épuisante et désespérante ! Ouvrons les yeux ! il est temps de se regrouper pour agir ! pour faire quelque chose ! pour aider Audrey, sa mére, et toutes les Audrey et toutes les Fabienne de Françe.

Bruno

Bonjour,
j'ai été sur votre site et je le trouve super !
aujourd hui, Audrey ( 14 ans ), ma puce est trés mal. Elle est a coté de moi, couchée dans mon lit en chien de fusil. elle se cache le visage. Elle a mal à la poitrine et au ventre. Elle a de trés fortes crises d'angoisse. Elle est sous xanax. Le généraliste ne peut rien faire de plus ! Nous avons encore rendez-vous demain avec sa psy au centre et la semaine prochaine avec un nouveau professeur pour soit disant analyser Audrey en cinq minutes pour voir l' urgence de son hospitalisation. Nous n'en pouvons plus de tout ça !! Ce n'est pas en 5 minutes qu'on peut la comprendre. Ils la pése, la mesure, essai de lui parler, car Audrey refuse pour l instant de s'exprimer. L' anorexie, je pense qu'elle en est consciente mais c'est trop dur pour elle. Alors elle ne veut toujours pas se confier à personne. Puis ils nous font rentrer chez nous. Ilst nous disent qu'en effet Audrey a besoin d'une hospitalisation mais Ils sont complets et qu'ils nous mettent sur liste d'attente......et nous repartons, avec notre deception et notre peur au ventre
qu'Audrey s'affaiblisse de plus en plus et qu elle fasse une bêtise. Et ma puce repart avec la même conviction que personne ne veut s'occuper d'elle. Alors à quoi bon se battre à chaque sortie de rendez-vous. Audrey va de plus en plus mal et toute la famille deséspére !!!!! J' espére que dans votre région vous arrivez à faire bouger les choses.
Je vous envoie la lettre que j'ai reçu du ministre et le cabinet du président m'a envoyé la même a peu prêt.
Merci pour votre écoute et surtout continuer à nous aider. A tous peu-être que cela marchera !
cordialement

"Madame,

Par courriel du 5 février 2007, vous avez fait part à Monsieur le Premier Ministre de votre désespoir de n'avoir pu trouver une structure dans votre région qui puisse accueillir votre fille Audrey souffrant d'anorexie. Vous sollicitez à cet effet une aide.

Monsieur Dominique de VILLEPIN a pris connaissance avec une grande attention de votre témoignage et comprend votre détresse.

Aussi, m'a-t-il chargée de transmettre votre correspondance à Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre de la Santé et des Solidarités, et à Monsieur le Préfet de la Région Aquitaine, Préfet de la Gironde,
en leur en recommandant un examen attentif et bienveillant.

Vous serez tenue directement informée de la suite qui lui sera réservée.

Je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de ma considération distinguée.

Pour le Premier Ministre
La Chef du Service des Interventions
Nicole MARTIN"

Fabienne

Je viens de lire les témoignages de la maman d'Audrey sur le site et quand on connait la gravité de cette maladie, cela me parait pour une mère, insupportable d'être encore là à entendre dire que son enfant n'est pas assez malade pour qu' on l'hospitalise ou bien que l'on vous appellera......dès qu'il y aura une place dans un Etablissement....Quand est-ce que nos responsables comprendront qu'il y a urgence à s'occuper de l'anorexie et de la boulimie. Nous recevons quotidiennement dans notre association, des appels de familles qui se retrouvent seules, impuissantes, incomprises souvent par le corps médical alors que leurs enfants sont en danger ! Oui, il faut que des associations comme la nôtre existe dans toutes les régions de France. Oui, il nous faut travailler avec le corps médical, mais nous souhaiterions pouvoir nous adresser à des professionnels formés a ces maladies et entourés de personnels qui connaissent l'anorexie et la boulimie.

Monique

Bonjour à tous
Ton projet de lettre ,Bruno est très bien. Nous aussi avons vu Mesdames Chirac et Poivre d'Arvor à la télé . Ces deux femmes savent de quoi elles parlent et leur présence a beaucoup d'importance auprès des téléspectateurs. Espérons que les candidats aux présidentielles seront sensibles à ce problème d'anorexie et de boulimie.Bonne soirée à tous et @ bientôt

Maryvonne et Henry ( Brest )

Bonjour à tous,
Je trouve ta lettre très bien, Bruno. Souhaitons qu'elle soit prise en compte !
On parle de plus en plus d'anorexie à la télé. J'ai vu dimanche dernier Mesdames Chirac et Poivre d'Arvor. Très bien aussi !!
Elles ont fait beaucoup en peu de temps pour la cause ! Et surtout ce que j'en ai retenu, c'est qu'on sait décrire la maladie, mais qu'on ne sait pas la traiter.
Dit par elles, ça a il me semble un poids
certain.Suis-je seul à avoir vu cela ?
J'ai vu depuis encore une émission qui en parle. Décidément, le vent est porteur!

Christian ( Brest )

Je suis venue pour la première fois à la rencontre de janvier. Il me sera malheureusement impossible d'être présente à celle de février car je serai en vacances dans les Pyrénées, mais j'ai bien l'intention de revenir en mars. J'ai parlé de l'association à un couple d'amis qui sont également concernés, et qui viendront peut-être un jour, s'ils voient qu'ils n'arrivent plus à faire face. Je leur ai raconté la façon chaleureuse dont j'ai été accueillie, et comment tout le monde s'est mis en quatre pour essayer de m'aider. Je leur ai expliqué que la parole est simple et spontanée, sans rituel ni contrainte. Bref je leur ai dit que cette rencontre avec vous m'a fait un bien fou et m'a aidé à mieux comprendre ma fille. A vous je veux dire que j'ai suivi vos conseils: je lui ai écrit une lettre. Je n'en ai pas de nouvelles depuis, mais je n'en espère pas dans l'immédiat. L'important était de ne pas rester sans rien faire, et de ne pas agir de façon maladroite.
Merci encore à vous tous et à bientôt

Michèle ( Vannes )

La solidarité, c'est un élan du coeur, dans la croyance des jours meilleurs. C'est la perpétuelle résistance, fàçe aux coups durs que la vie balançe, ainsi qu'aux gens médisants.
La solidarité, c'est au creux des mains, de ceux qui souvent en ont le moins. c'est une immense chaîne humaine, qui entoure de coton, larmes et peines.
La solidartié, c'est une protection, la parole de nos émotions. C'est un accueil, un sourire permanent, tel une mère pour une amie.
La soildarité, c'est pouvoir offrir, savoir prendre ou partager le pire. c'est donner sans aucune critique, sans conditions particuliéres.
La solidarité, c'est prêter l'écoute, à nos joies, nos colères, nos doutes. C'est une minute, une heure, ou bien des jours, sans jamais rien demander en retour.
La solidarité, c'est toi, moi, vous, chacun d'entre nous avec ce qu'on a de meilleur comme pire.

Elsa ( Lannion )

En plus de la méchanceté des gens qui n'ont pas compris quel était mon mal, la maladie a poursuivi son travail de sape en moi. La volonté ne suffit pas pour s'en sortir. On n'a pas besoin de jugement à l'emporte-pièce. Il faut savoir que les anorexiques ne sont ni capricieux ni paresseux. Nous ne jouons pas. La culpabilité est notre lot quotidien. Alors les mots avec lesquels on nous reçoit peuvent soit détruire, soit guérir. C'est de compassion, de vérité dont nous avons besoin pour progresser.

Elsa ( Lannion )

Je suis bien sûr triste de ne pas avoir pu participer à une réunion avec toutes ces personnes qui disparaissent plus ou moins. Chaque personne est un trésor d'expériences, de sentiments, de vécus, trésor qui permet de nous enrichir, par un effet miroir, d'informations sur nous. Je regrette le départ de Cara, mais je le comprends et l'admets. Les échanges avec Cara ont été certainement très riches de part la variété de ses expériences hors de France. Je ne désespère pas de rencontrer Cara.

Claude ( Brest )

"Ce qui n'a pu se mettre en larmes et en mots s'exprime ensuite par des maux, faute de mots pour le dire."
cette phrase vient d'une psychotherapeute : Anne Ancelin- Schutzenberger...En effet, elle me parle beaucoup et je la trouve également très juste.
Ainsi, tout ce dont on ne parle pas dans les familles (problème psy, alcoolisme, enfant illégitime, abus sexuel...) resurgit un jour ou l´autre et peut provoquer des dégâts sur plusieurs générations. On ne peut pas effacer l´ardoise tant qu´elle n´est pas réglée.
La communication est essentielle, mais si dure pour nous "anorexique/boulimique"...
et c'est pour ça que je vous remercie de nous permettre, grace à l'association, de partager, avancer, comprendre ensemble...
J'aimerais tant pouvoir m'y investir d'avantage...mais avec cette distance c'est pas simple....

Camille ( Lorient / Paris ) )

Bonsoir, c'est Camille, je suis venue Samedi à l'association et je tenais à vous dire que cette rencontre était vraiment enrichissante...c'est ce que je cherchais depuis des années...J'ai contacté des assoc sur Paris mais le nombre de personne est limité et complet..Il faut s'inscrire sur liste d'attente pour 2007, donc je viendrais à chaque rencontre sur Lorient. Je souhaite aussi adhérer à "Solidarité anorexie" pour permettre de faire avancer l'assoc..
Je suis ravie de vous avoir rencontré,j'ai enfin trouvé un lieu d'écoute et d'entraide..Merci

Camille ( Lorient / Paris )

Il n'est pas façile de trouver les causes de mon anorexie. Une psychothérapeute m'a aidé à y voir un peu plus clair. Mais c'est au fil du temps, avec du recul que je réalise ce qui m'a fait mal.
J'ai commencé à me poser des questions lorsque des camarades de classe ( CM2 ) se sont moqués de mon physique. En effet, à 11 ans, j'étais formée; ce qui a suscité de la moqueriede la part de certains. Des petites phrases, rien de méchant en fait, mais suffisant pour me dire : « si avoir de la poitrine, donc devenir femme, est sinonyme de raillerie, alors mieux vaut rester enfant ».
Je pense que je manquais de confiance en moi pour affronter l'âge pré-adolescent. Je n'avais pas été préparée à cela par un manque de communication, de conseils de la part de mes parents et surtout de ma mére ( qui elle-même a eu une enfance « tabou ».
Puis je suis entrée en 6éme. Tout allait bien, même si je regrettais d'avoir mes régles, de la poitrine, d'être différente de mes copines, qui n'avaient pas de regards sur ce corps qui change. Ce début de mal-être était encore enfoui, inconscient.
Jusqu'au fameux 12 janvier 1990, jour de mes 13 ans, ou mon pére, qui était en période de chômage technique et qui allait perdre son emploi, est rentré à la maison plus tard que d'habitude mais surtout dans un état dépressif et à bout. Mes parents se sont disputés fortement. Ma mére était désemparée par la souffrance de mon pére. Ce dernier a jeté à terre la montre qu'elle lui avait offerte en lui criant qu'elle ne l'aimait plus ! Ma mére le rassurait que « si ». Bref, cette scéne terrible s'est terminée par mon pére pleurant sur les genoux de ma mére. Mon pére, si fort, si drôle, si joueur, si beau, s'éffondrait devant moi, jeune fille en admiration devant lui. Qui était-il vraiement ? Cet épisode a été très violent dans ma construction.
Mes parents souffraient. Alors je me devais de faire au mieux pour les soulager et ne pas les décevoir. Pour cela il fallait me mettre des rêgles, des principes, une discipline, et surtout ne pas y déroger. Cette dureté envers moi-même provoque préjugés, peurs et frustrations. Mon quotidien était réglé pour ne décevoir personne. Il fallait que je puisse tout contrôler, jusqu'à ma nourriture, qui était la seule chose qui « allait de moi à/pour moi ».
Ma 4éme et 3éme ont été douloureuses et tristes. Mon entrée au Lycée et les 3 années qui suivirent ont été les pires de ma vie, jusque là. Je n'avais pas de bons résultats scolaires, moi qui, était bon éléve. Mon pére était au chomage ou alternait les CDD. Je pensais à lui. Je souffrais pour lui et par conséquence je souffrais pour moi.
J'ai obtenu mon BAC. Ce qui m'a réconfortée. J'ai fait une année de FAC. Je ne rentrais que le week-end. Cette année m'a aidé de par l'éloignement avec mon quotidien familial. Puis l'été 1996, j'ai fait une saison à Carnac, ou je me suis épanouie. Le travail, les collégues, les copines, l'autonomie, et l'indépendance m'ont éloigné de mes parents; ce qui a permis une parenthése. J'ai entammé 2 années d'études à l'IUT de Vannes, 2 merveilleuses années, entrecoupées par ma seconde saison à Carnac dans le même commerce. Entre temps, mon pére a trouvé du travail en CDI, bref tout allait pour le mieux, du moins en apparence car inconscienment le mal était toujours enfoui.
En effet, pendant ces dix ans, aucun dialogue, aucun mot mis sur ce mauvais passage. Elle est ou cette mére ? auprés de laquelle j'aurais tant aimé me soulager, lui raconter mes angoisses, mes plaisirs, mes joies, ... etc. Je ne lui en veux pas, surtout pas. Elle n'était pas préparée.
Seulement, à 22 ans, lorsque j'ai rencontré Francois, mon ami, et que l'on a pris une location, j'ai totalement changé. Je ne devais faire aucune erreur. Tout devait être irréprochable, pour qu'on ne dise de moi que du bien !!! J'avais peur des remarques, des regards. J'étais intimidée. Ce manque de confiance, quelle souffrance !!
Toujours savoir si ce qu'on fait ou dit, est dans le « moule », ne blessera personne, au détriment de soi et de ses idées. J'avais besoin que ma mére me dise qu'elle était fiére de moi, que j'étais une « femme » sûre et de confiance.
A 25 ans, j'ai suivi une thérapie. Francois a mis 3 ans pour réaliser et me faire réaliser et surtout accepter et dire « oui, je souffre. Il y a quelque chose qui me fait mal, mais je ne sais pas comment le dire ! ». J'ai dit à mes parents et tout mon entourage proche que je suivais une thérapie. J'ai écrit une longue lettre à ma mére, lui exprimant tous mes sentiments, de la colére, à l'incompréhension, pour aussi lui faire prendre conscience de ce qui m'était arrivé. Ca nous a fait du bien. Par la suite mes proches osaient ( j'insiste sur ce verbe ) venir à moi pour en parler.
Je réalise que lorsque je traverse des périodes difficiles, je me restreins davantage. Moins aujourd'hui car j'exprime mes soucis et mes craintes afin de les extérioriser. Mais parfois il n'est pas façile de faire comprendre ses doutes et peurs.
Ces quelques lignes retracent 18 ans de ma vie. Elles ne sont que les faits les plus marquants. Mon récit n'est pas exhaustif, car y aurait tabnt d'anecdodes et de « ruses » à raconter !!
Je fais partie d'une génération ou les jeunes filles n'ont pas été suffisament informées, ou le manque de dialogue et de conseils a été trop important !
Mes parents sont mes bases. Alors si eux-mêmes ont été mal « préparés », la chaîne perdure !
Les parents ne sont pas responsables, ni fautifs. Ils sont juste impuissants car ils ont trop peur de faire du mal à leur enfant, qui lui-même ne se contrôle plus.
Je suis sûre que tous les acteurs et témoins de personnes anorexiques peuvent faire bouger les choses.

Séverine

J'ai bien pris note de ces deux rencontres mensuelles à Quimper et Lorient. Je n'hésiterai pas à y assister très prochainement. Cela ma fait très plaisir de voir qu'il y a un réseau bien établi dans notre région pour combattre l'Anorexie. En échangeant le vécu d'anciennes / actuelles Anorexiques et les connaissances médicales des thérapeutes / personnels hospitaliers, nous trouverons de plus en plus de clés pour aider les Anorexiques.
A très bientôt,

Maureen

Je suis âgée de 22 ans. Je souhaite m´investir activement dans la lutte contre l´anorexie, après avoir vaincu cet ennemi il y a maintenant 7 ans. En d´autres termes, j´ai moi aussi sombré dans cette maladie à l´âge de 15 ans ; et en moins d´une année, mon poids est descendu jusqu´à 23 kilos. Inutile de vous préciser que j´ai été hospitalisée pendant un trimestre.

A la suite d´un déclic, j´ai rapidement recouvré le courage de me ressaisir et ainsi reprendre des forces vitales. Les infirmières m´encourageaient avec le chantage : à chaque prise de poids, j´avais le droit à un peu plus de liberté (conversations téléphoniques avec mes parents, visites, etc.) Je n´ai pas rechuté, m´étant promis de ne jamais refaire la même erreur.

A la suite de cet épisode, j´ai voulu écrire un livre pour mieux faire comprendre cette maladie, souvent incurable. En effet, le personnel médical ne me comprenait pas : l´anorexie peut être expliquée par les anorexiques !! Puis, je me suis remise à vivre comme toutes les adolescentes de mon âge.

Si je veux rencontrer des personnes atteintes de ce trouble alimentaire, c´est pour les soutenir & les motiver dans leur combat. L´on parle beaucoup de cancers dans les Médias : ces patients n´ont pas le choix de leur guérison, alors que les anorexiques sont les seules à connaître la potion magique pour s´en sortir.

Maureen

je reviens, à Vannes, en me disant que la vie est trop précieuse ! Que la vie des personnes anorexiques doit changer.
J'accepte de moins en moins leur souffrance, leur isolement, leur silence, leur dignité baffouée, leur respect rejeté, leur mise à l'écart de la société dans des hôpitaux psychiatriques !
j'accepte de moins en moins la solitude, la honte, la tristesse, l' ignorance, la prétention de détenir la vérité, les erreurs, les préjugés, l' impuissance à aider !

Bruno

C'est vraiment formidable de voir l'élan qui se crée autour de l'association.
C'est indispensable de continuer et tout nous encourage à persévérer.
Il y a tant de désarroi dans les familles touchées
Maryvonne et Henri
Je viens de parcourir le site, il est très bien.
je trouve que " l'Asso." prend un bel essor ; Il y a des rencontres fort intéressantes avec des intervenants, des malades et des familles ; c'est une progression très encourageante. Il y a également des nouvelles positives..Je souhaitais te remercier personnellement pour cette démarche que tu as eu : Offrir à d'autres ce qui t'a tant manqué ; Un lieu d'échange.
L'Association nous permet de dire nos souffrances, nos craintes, nos espoirs et nos progrès - tout ceci dans le respect. Il se dégage de ces rencontres une chaleur humaine trop rare dans la vie d'aujourd'hui...
Je confirme que "la parole libère" : Cela m'a vraiment permis d'évoluer, de règler de gros problèmes - un fardeau écrasant - une partie de vie qui aujourd'hui fait partie du passé.
A présent, je savoure ma nouvelle existence, un oeil nouveau au quotidien, de petits bonheurs simples mais d'une réelle intensité.
Pour tout cela, MERCI à tous. Je répète souvent que tout seul, on ne peut pas faire grand chose - mais également qu'aider les "autres", c'est s'aider soi-même.
Alors, à très bientôt - et cette petite expression que j'aime beaucoup, "Bon vent" à l'Asso !!!
M.Christine
Bonjour à tous de Brest. Ce petit mot pour vous souhaiter une douce année 2006, qu'elle soit meilleure que la précédente. Je n'ai pas pu me joindre à vous le mois dernier car j'étais sur mon lieu de stage, et vous m'avez manqué bien sûr. merci à toi Monique pour ta belle carte postale de Prague .Merci à tous pour votre amitié et votre soutien au long de 2005, la conférence du docteur Montavon était très instructive. Je pense pouvoir être parmi vous à Brest samedi. Elisabeth vous souhaite aussi une bonne année, elle va très bien. je voudrais adresser un message d'espoir à tous les parents, gardez courage chaque jour, ma fille va bien à présent, et on peut se battre contre cette maladie, et on peut gagner!
J'espère avoir des nouvelles de Brigitte et de Gaella, je n'ai pas pus les joindre. Bruno merci encore de nous avoir si bien réunis, je suis tous les jours avec vous dans mes pensées. Je vous embrasse amicalement .BLOAVEZ MAD

Marie Renée

Bonjour,
Je suis Céline (belle-sœur d'une anorexique) et j'ai participé à 3 rencontres sur Brest. Je ne suis pas venue à celle de samedi dernier car la situation dans laquelle je suis m'épuise. En effet, ni mon frère ni les parents de ma belle soeur ne réagissent et le fait que moi seule participe aux rencontres n'est pas suffisant. Peut-être qu'un jour j'aurai de nouveau besoin d'échanger avec vous mais actuellement, je préfère faire une pause.
Je vous souhaite bon courage et je suis avec vous par la pensée.

Céline

C'est vraiment génial le site internet , j'y vais régulièrement .

Hélène

Je "préfère" mes moments d'anorexie aux moments où la boulimie me happe. Face à elle, je n'ai plus aucune volonté, je me laisse aller, c'est terrifiant ! Et puis, quoique l'on dise, l'anorexie est perçue comme bien moins honteuse que la boulimie. Je trouve dommage que le Docteur MOTAVON n'en ait pas parlé car ces deux aspects ne sont-ils pas étroitement liés ?
Depuis un an et demi, mes crises de boulimie se sont aggravées : d'une à deux par semaine, j'en suis à une, voire deux par jour. J'en souffre énormément. j'ai l'impression de passer mon temps à manger et à vomir !!! Si active auparavant,, je n'arrive plus à faire grand chose, je n'ai plus ENVIE de grand chose. Pensez-donc, je passe une quarantaine d'heures par semaine à cette activité.... surtout la nuit...pour être très en forme le matin !!!
De plus, cette maladie dérange, mon entourage (famille, amis) m'a fuit, mon mari et mon fils de 15 ans pètent les plombs de temps à autre (et je les comprends), et me voilà encore plus seule. Bien consciente de la souffrance que je fais subir aux autres, je n'ai plus beaucoup d'estime pour ma personne, mais par-contre énormément de dégoût, de honte, de culpabilité... Je me demande souvent ce que je fais là et tout cela m'amène à cette réflexion : qu'est ce qui pourrait me libérer ? Plus d'une fois, j'ai pensé à la mort. Je l'ai frôlé, cherchée, souhaitée, priée mais je suis encore là.
Votre association m'aidera t-elle à rencontrer des personnes comme moi, malades ou guéries ? Peut-elle me redonner un peu d'espoir de sortir des affres de cette maladie. Je me rappelle souvent le temps où je n'étais pas malade... et c'était tellement bien...
Merci de m'avoir lu.

Gene ( une autre Gene )

Merci pour votre témoignage.
Certains souhaitent en parler avec d'autres malades, d'autres hésitent parce qu'ils ou elles pensent que cela ne va pas les aider, c'est selon.
Lors des rencontres de l'association malades, famille et amis se retrouvent en général à 15 / 20 personnes pour s'exprimer, parler ensemble.
Et cela convient à un certain nombre qui reviennent régulièrement ou de temps en temps, le premier samedi du mois à 14h30.
A Quimper il y a souvent deux groupes dont un spécifiquement de malades et guéris; cela dépend du nombre de personnes présentes ( le 3ème samedi du mois à 15 heures).
S'il n'y a pas de solutions toutes prêtes, ces échanges peuvent quand même aider à avancer dans une démarche de guérison.
Je ne peux que vous inciter à participer à l'une au moins de ces rencontres pour voir si elles vous conviennent.
L'association cherche elle aussi ce qu'il lui conviendrait de faire, et votre avis ne peut qu'intéresser le groupe.
A l'un de ces samedis donc, et courage.

Christian

Suite au forum « parents - adolescents »
du samedi 3 décembre 2005 de 10h00 à 17h00 à Brest

Durant toute cette journée, des associations, liées à l’adolescence, étaient présentes. Chacune avait son stand, un espace ouvert et disponible. c’était un temps unique pour rencontrer les visiteurs, les renseigner, leur donner des documents et parler. Le matin : un journaliste, un médecin, une assistante sociale et un couple
se.sont.arrêtés.à.notre.stand.

L’après-midi, de 13h30 à 17h30, Henri et moi-même, nous étions au stand.
Ce fut un grand calme ! c’est vrai que la rencontre mensuelle se tenait en même temps et qu’une trentaine de personnes y participait.
Heureusement pour Henri et moi-même, Julie est venue, élève de terminale d’un Lycée professionnel de la croix Rouge de Brest. Au début timide et gênée, elle nous écoutait sans parler beaucoup. Mais peu à peu elle s’est détendue et ouverte sur elle-même, en parlant de ses parents, de son enfance, de son parcours, des ses camarades de classe. Parmi celles-ci Julie pense que Beaucoup seraient anorexiques.
Merci Julie, merci d’avoir été la seule à faire le déplacement et d’avoir bien voulu t’asseoir à notre table. Merci Julie pour ta simplicité ! ta sensibilité ! ta lucidité !

Comment expliquer ce vide, cette absence à ce forum si bien organisé !
Pourquoi si peu de monde ? alors que nous rêvons d’une maison de Solenn à Brest ! une maison ouverte et accueillante !
En définitif que voulons-nous ?

Bruno

 Je ne souhaite à personne de vivre seule ce combat. l'association apporte une aide aux autres. Je m'élpoigne petit à petit de cette expérience que j'ai vécu seule. est-ce une fuite ?  ma fille va mieux mais les sensibilités sont toujours présentes. Le chemin est long pour les malades et leur entourage mais gardons l'espoir.Ils et elles ont de la volonté et peuvent aussi s'en servir pour guérir.

Françoise

Aujourd’hui, mon corps est un champ de bataille sur lequel je suis mon propre bourreau. Les crises et les vomissements m’apaisent et me sécurisent. Comment vivre sans… ? Je voudrais m’en sortir mais je ne le peux pas. L’anorexie est un combat entre la vie et la mort.

Voilà l’enfer d’une anorexique boulimique : je trie mes aliments - salade, yaourt et pomme - quand je les garde… Voir l’aiguille de la balance descendre en flèche est exaltant. Une manière, aussi, de punir ce corps qui me fait souffrir. Une souffrance jamais rassasiée. J’ai le sentiment d’exister à travers elle. C’est une protection : rien ne peut m’atteindre. Je suis dans une cage dorée.

À 18 ans, au moment de quitter la maison maternelle vers un avenir professionnel qui se profilait, ma boulimie a commencé. J’ai ressenti un vide existentiel et un sentiment d’abandon et de peur. Pour remplir ce vide ? De la nourriture en grande quantité était ma satisfaction. Mais, une fois « remplie », la culpabilité, le dégoût et la honte m’envahissaient. La seule façon de me libérer était le vomissement. 

À 29 ans, j’ai eu un moment de répit le jour où j’ai donné la vie à notre fils aîné. Je me suis alors autorisée à vivre. Deux autres enfants sont arrivés mais mon mal-être était toujours là. Il se manifestait par de la colère et des angoisses. J’étais une maman aimante et mon activité professionnelle a été et est toujours un réconfort. J’existe à travers mon travail de conseillère commerciale. Je n’oublie pas non plus ma foi qui est un pilier sur lequel je me repose.

« Je mets des mots sur mes maux »

Il y a sept ans, après que mon fils a quitté la maison, à nouveau le vide et l’abandon. Je me suis vue repartir dans un cycle infernal. Il y a cinq ans, un article de presse m’a apporté un brin d’espoir car il parlait de l’association « solidarité anorexie boulimie 53 », créée en décembre 2012. J’en fais partie depuis trois ans. On se réunit une fois par mois. C’est un lieu d’écoute où on peut s’exprimer sans être jugé. Là, je mets des mots sur mes maux. Je lance un cri : que les professionnels de santé  ouvrent des unités spécialisées.

Solange

Ci-joint ma modeste cotisation pour votre association et pour les actions que vous menez avec tous ses membres. Même si je me rends plus aux réunions sur Rennes, je tiens à participer en souvenir d'une porte ouverte aux moments difficiles, ma fille va mieux aujourd'hui et vit en couple. Elle a même quitté la « restauration » ( le comble!) pour se diriger dans l'encadrement d'enfants. Par moment c'est un peu moi qui manque de courage car ces années laissent des séquelles dans la relation mère – fille ( en plus j'étais seule à m'en occuper ). je me permets d'affirmer que le corps médical en général ne tient pas assez compte des personnes qui sont au quotidien avec les TCA ; trop d'affectif en jeu. Je pense que vous le savez déjà mais il serait bon d'aider aussi les personnes qui les entourent, pour les aider dans leurs réactions. On en prend conscience souvent quand ça va mieux après un long parcours. Merci encore pour ce que vous faites et pensées de soutien pour l'association qui a le mérite d'exister et de combattre, cordialement. 
Annette. 

 Je voulais encore vous remercier de me tenir au courant de vos réunions et de m'envoyer les comptres rendus

car je me sens trés seule face à cette maladie et incapable de venir à votre rencontre à cause de ma fragilité et de mes obligations familiales mais mon témoignage pourrait servir.

J'ai  5 enfants de 15 à 26 ans La maladie est sous jacente depuis mon adolescence avec des périodes plus difficiles que d'autres mais j'ai réussi  à mener une vie hyperactive avec un métier et trop d'activités..

Il suffit d'une période plus dificile pour que le passé vous rattrappe et que l'on réalise que l'on est vraiment malade et que l'on ne s'en sortira pas toute seule. A suivi une année soignée par un médecin puis une première hospitalisation à toulouse à la clinique castelvieil puis une année à st yves à rennes et maintenant un mois que je suis sortie et ,malgré toute une avancée psychologique ; la maladie est là bien ancrée et je suis sur le fil dans un blocage alimentaire alors que j'ai un entourage formidable qu'il soit familial que médical.Trouver , chaque jour une raison de continuer à se battre pour triompher.

Annie

J'ai eu 4 voisines différentes dans cette chambre, et trois d'entre elles m'ont beaucoup parlé, confié leurs questionnements, leurs problèmes de famille etc.........
une fois de plus, je me dis que nous, anorexiques, avec notre hypersensibilité faisons de petits monticules de terre des himalayas!!!
Nous devons donc vraiment apprendre à connaitre nos faiblesses et aussi nos forces pour affronter la vie et vivre heureuse!

Cécile

Je vais essayer de retranscrire quelques idées échangées samedi dernier.

1)  rapport de la personne malade à son entourage :
 le sentiment  d'être jugé, de ne pas avoir de volonté, de vouloir entretenir son statut de malade.
 Incompréhension ou ignorance pour les proches du caractère addictif  de la maladie.
Mon témoignage (époux d'une malade, 35 ans) : "moi, au début  j'avais un comportement agressif," rentre dedans", 
c'était ma réponse à un  trouble que je ne comprenais pas et que je prenais aussi comme une  provocation envers moi!
Par exemple, je vais lui dire qu'elle ne me séduit  plus depuis quelle perd du poids...çà va la faire réagir...çà suffira bien sûr...
je n'ai qu'à la vexer, toucher là où çà fait mal, là où çà me fait mal à moi aussi. 
Toujours au début, mon regard sévère sur les rituels, mon impossibilité de ne pas lui faire remarquer ses dérives alimentaires,
 comme si mon discours à lui seul aura pouvoir de sagesse ou de bonne résolution." et aujourd'hui ? Distanciation, pas de commentaire. 
Tous deux aimons bien la gastronomie : volonté de conserver pas mal de bons moments autour de la table (restaurant, petits plats sympa à la maison).
 Tant pis pour l'après repas, l'important c'est le partage de l'instant, la convivialité, le plaisir.... 
Parfois un petit "où en es tu sur le plan alimentaire" qui n'est souvent même plus nécessaire
 car l'ouverture du dialogue sur ce sujet vient plus facilement d'elle, au moment où elle le souhaite, où elle le peut.

2) rapport au suicide et à la mort :
périodes répétées d'idées noires, en lien avec l'enlisement dans la maladie. L'impossibilité de s'en sortir, la longueur décourageante du cheminement, la perte d'énergie vitale. 
Le sentiment de faire du mal autour de soi. Partir, disparaitre pour libérer les autres, pour libérer le monde d'un boulet.
 Mon témoignage : les premières fois, sentiment d'horreur, rejet total de l'idée quand elle a pu m'exprimer penser à cette issue.
Déni, "tu le feras pas, t'as pas le courage...".
Chantage, "et les enfants, et moi..."Aujourd'hui, j'ai réellement pris conscience que je ne peux aller à l'encontre de la volonté profonde d'une personne.
 J'en ai évidemment peur, mais çà peut arriver."
Autre observation : le paradoxe chez la personne malade, de l'envie de vouloir se laisser mourir à petit feu, 
et dans le même temps une grande angoisse de se retrouver face à la mort, comme s'il fallait la sentir frôler pour se mettre à trembler et développer ainsi un réflexe de survie.

3)  l'accompagnement pendant la maladie : 
savoir être présent, solidaire, attentif...sans être étouffant, collé, inquisiteur.
 Besoin permanent de ne pas se sentir abandonnée,tout en ne supportant pas une trop grande proximité. 
Etre "à coté", sans vouloir "être dedans".

Bref, voilà.Quelques pistes. Pas des solutions universelles. Un peu de vécu, c'est tout. Je retiens surtout l'idée qu'il faut beaucoup de temps pour 
apprendre à mieux cerner la maladie, qu'il faut parfois se déculpabiliser, nous, l'entourage, faces aux dérapages ou contreemplois que l'on peut faire 
au début de la confrontation avec le trouble de son proche.Nous sommes tous plein de bonnes intentions. Nous sommes tous malheureux de voir la 
souffrance. Nous sommes tous maladroits. Ne pas abandonner la personne, être encore là après toutes ces années de souffrance mutuelle,  voilà déjà beaucoup. 
L'important c'est d'évoluer, de prendre conscience, d'accompagner. Le trouble et sa guérison appartiennent de toute façon uniquement à la personne malade.

Yves

Ce qui est le plus dur c'est de pouvoir se changer les idées, être pris en charge pour sortir de ces pensées obsessionnelles qui nous tirent vers le bas, et personne pour nous aider à nous en sortir, voir autre chose, parler d'autre chose, oublier, trouver du répit, du repos, arrêter de penser pouvoir passer à autre chose, j'ai connu cela mais je suis heureuse de rappeler que l'on peut s'en sortir, la route est longue quand on est seul, mais à travers l'épreuve aussi douloureuse soit elle il y a quelque chose à apprendre, à découvrir, progresser jusqu'à pouvoir s'aimer et pardonner aux autres de ne pas nous comprendre et pas savoir nous faire le bien dont nous avons besoin, vouloir les aimers malgré tout ce qui nous sépare, éviter de ce disputer, dédramatiser le plus possible. je suis content de voir que nos prières reçoivent des réponses, je vais continuer pour que l'état de santé d'Isabelle s'améliore 

Manny

Bravo pour le texte, qui suit, de Sophia Ducceschi !
il me réconforte et m'encourage à continuer le combat contre le silence sur la maladie ! silence inacceptable !
je souligne l'importance de ce qu'elle écrit : "C’est donc plutôt vers le futur et vers l’action que les parents trouveront leur place dans cette lutte contre le T.C.A.".
j'espére qu'il va nous réveiller sérieusement et nous unir enfin dans toute la France ensuite. Il est temps d'agir dans toutes les villes du pays !
j'attends vos réactions : solidarite.anorexie@laposte.net
Bruno

Il est important que les parents ne figent pas leur douleur dans une culpabilité paralysante car, s’ils ne sont, certes pas « fautifs », ils peuvent (doivent) néanmoins jouer un rôle déterminant dans la guérison de leur enfant (quel que soit son âge). C’est donc plutôt vers le futur et vers l’action que les parents trouveront leur place dans cette lutte contre le T.C.A. 

Ils devront parfois remettre en question un fonctionnement familial, un système de communication. Chaque membre de la famille devra aussi s’interroger sur la place que prend le symptôme de leur enfant dans le clan familial.Par le symptôme, l’enfant parle ; la famille pourra déchiffrer le message qu’il lui est parfois destiné. Elle pourra ensuite aider l’individu concerné par le trouble à mettre des mots sur la problématique qui n’engage pas toujours que celui qui s’exprime.
Le T.C.A. est une révolution familiale, sa guérison est la mise en place d’un nouvel équilibre de ce système familial.C’est un chantier colossal qui débute et chaque membre de la famille peut en être l’ouvrier. Sans cette participation active, la guérison reste heureusement possible mais l’individu, seul dans son entreprise thérapeutique, connaîtra certains écueils qui pourraient lui être évités. 

Pour devenir actifs, les parents doivent être soutenus, informés, déculpabilisés. Leur énergie sera plus que jamais sollicitée et il serait dommageable pour tous que celle-ci soit investie dans un passé sur lequel personne ne peut plus agir. 
Enfin, Il est important que les parents sachent que l’anorexie mentale, la boulimie et les compulsions alimentaires sont des pathologies à part entière, qu’elles expriment un véritable trouble de la personnalitEn conséquence, il n’est pas question ici d’un manque de volonté, de manipulations intéressées ou de laxisme délibéré de la part de leur enfant.

Il est capital d’accorder à son proche une confiance totale et de s’adresser à lui en tant qu’individu et non pas seulement en tant que porteur du symptôme.

Sophia Ducceschi  

Je viens justement de publier un billet sur un forum à cet effet. Les gens pensent qu'il n'y a que des ados et des filles. Faux, faux, faux, et re faux. Je ne suis pas ado, et tu n'es pas une fille... Des idées préconçues pour se simplifier les neurones je pense... 
Bref. Si vous avez besoin d'aide je suis là. Je suis ano et je frôle peut-être la fin de ce cochemard. Je dis peut-être car cette "rémission" là ne provoque pas du tout les mêmes impressions chez moi. Je ne suis pas boulimique, je ne suis pas euphorique, je contrôle relativement bien la qualité de ce que je mange. Ma psy me dit que je ne suis plus ano, qu'il me reste à règler un trouble du comportement alimentaire dû à la schématisation répétée de mon alimentation. C'est pas beau? Mais je garde les pieds sur Terre. Je ne veux pas m'envoler car si je dois rechuter le plus difficile serait la deception! 
Je ne m'avoue quand même pas vaincue. Je ne dis pas encore que je m'aime, mais au moins je ne me hais plus! 
On peut toutes et tous y arriver car nous sommes toutes et tous des personnes courageuses et fortes malgré cette dépréciation que nous nous infligeons. Notre force est bien plus puissante que cette chienne de maladie, il nous faut apprendre à la reconnaitre et à nous en servir! Je ne le dirai jamais assez: CONSULTEZ, PARLEZ, VIDEZ VOTRE SAC EMOTIONNEL.... Utilisez tous les moyens à votre protée, et même ceux que vous n'osez pas car tout est bon à prendre et à apprendre! 

C'est tellement bon d'être léger!!! EMOTIONELLEMENT biensûr!!!!!!

extrait d'un Forum extérieur, en juillet 2007

 Nous sommes les témoins d'un enfer. Nous avons l'expérience de cette souffrance subie par des personnes et par leur entourage. Nos chemins se ressemblent. Nos blessures sont encore ouvertes. Nous sommes à égalité. Nous sommes des êtres humains. Nous sommes solidaires. Nous pensons que la rencontre avec les autres  peut nous aider à retrouver un sens à la vie, nous redonner envie d'exister, nous transmettre cette lumière aperçue enfin au bout du tunnel.

Cette solidarité que nous tentons de la construire dans cette association. Pour nous, c'est ce désir de rester ensemble quelque soit les événements qui surviennent au cours du voyage, jusqu'au terme.

Les rencontres de cette nouvelle association nous entraîne à rompre le silence qui nous étouffe. Les participants peuvent s'exprimer librement, sans retenues, sans crainte, en toute confiance. la parole, peu à peu, se libère. Chacun  témoigne de son vécu, de ses blessures, de ses souffrances, de ses joies, de ses progrès, de ses victoires.

Nos rencontres sont des temps qui nous permettent d'exprimer  nos détresses, nos tristesses, nos peines, nos défaites, mais aussi nos réussites, nos rêves,  nos projets, nos bonheurs. Si nous voulons retrouver la lumière au bout du tunnel, il faut exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous empêche de vivre, les blessures de la vie, les non-dit du passé, les événements enfouis dans notre inconscient. Tous, nous pensons que la parole  soulage et  libère.

Il nous faut retrouver la parole perdue car « nous avons encore tant de choses à nous dire ».

Cette parole prise et entendue, retentit  comme  la richesse de nos rencontres.   Même si nous sommes  intimidés, gênés,  nous parlons dans le silence des autres qui écoutent.  Nous exprimons, parfois avec difficulté, ce que nous pensons, ce que nous vivons, ce que nous ressentons, ce que nous rêvons. Parler , écouter, accepter, comprendre : c'est la richesse de nos rencontres

Rencontre d’avril 2005

Votre courrier, votre site, nous encourage à persévérer dans notre combat contre la maladie, à continuer à chercher les chemins de la guérison, de la liberté, de l'ouverture aux autres. Difficile lutte ! avec des échecs ! avec des succès ! avec des déceptions cruelles! avec des joies formidables ! Comment transmettre toute la valeur fantastique de notre existence humaine, de cette fabuleuse aventure ???? notre naissance, notre vie sur terre, nos rencontres humaines, nous avons ce privilège de vivre entre la naissance et la mort ! C'est vrai que notre construction est tellement fragile ! notre histoire tellement incertaine ! notre passé tellement présent ! notre avenir à écrire ! Hier, Aujourd'hui, Demain ?

Une question nous obsède : trouverons-nous avec l'aide des autres, des psychothérapeutes adaptés, notre salut, notre passeport pour une vie enfin plus vivable ? Comment s'opposer à cette maladie plus efficacement ?

Bruno à Vittoria Pazalle

Comme vous l'avez si bien souligné, dans l'anorexie, le chemin de la guérison passe par l'espoir et l'ouverture aux autres.

A travers mon parcours, je tente de faire comprendre que guérir est possible si l'on accepte de demander de l'aide (en oubliant notamment son ego et sa peur de l'autre) et de travailler sur soi (soit ne plus se juger pour tenter d'être encore plus parfait(e), mais enfin s'accepter avec ses qualités et défauts).

Les anorexiques sont généralement hypersensibles et plus vulnérables que les autres, mais il est possible grâce à une thérapie et l'aide de ses proches d'apprendre à prendre enfin "sa" place, avoir plus confiance en soi, se respecter, et s'aimer.

Ce chemin vers la guérison demande du temps avec ce retour sur soi-même (plus dans l'excès et les extrêmes qui créent de multiples peurs et angoisses, mais enfin dans la réalité notamment en relativisant), mais il s'avère être une véritable renaissance !

Tel un nouveau-né, on apprend de nouveau à regarder, entendre, réfléchir et vivre avec de "nouveaux sens".

Vittoria Pazalle à Bruno

 Nous avons le droit, à un moment ou à un autre de notre existence, de dire ou d’écrire nos vérités, nos idées, nos souhaits, nos volontés. Des événements peuvent nous entraîner à nous exprimer sur nous-même, sur la société. Nous devons le faire. Ce que nous pensons  doit se libérer et venir enrichir le débat avec les autres. Nous souffrons pour les hommes qui ne peuvent s’exprimer, qui sont condamnés au silence. 

Aujourd’hui, les psychologues nous aident à nous libérer, par la parole, l’écriture ou tout autre moyen. Il faut exprimer ce qui nous fait souffrir, ce qui nous empêche de vivre, les non-dits du passé, les événements enfouis dans notre inconscient. La psychologie nous aide à  nous libérer des blessures de la vie, en les exprimant !

Rencontre de mars 2005

Nos rencontre réunissent 2 groupes de personnes :

1) celles qui souffrent ou qui ont souffert de cette maladie, celles qui vivent ou ont vécu  ce  cauchemar

2) celles et ceux qui ont vécu ou qui vivent à côté de personnes anorexiques. Elles sont des témoins. Elles assistent. Elles sont entraînées dans la spirale.

Pour le premier groupe, nous pensons qu'il serait bien que des personnes guéries puissent être présentes et entraîner le groupe vers la libération, dans une direction positive. Cependant les anciennes malades qui pourraient nous « guider » ont tourné la page, définitivement. Alors qu'aujourd'hui, des jeunes filles, des jeunes femmes, des femmes, des hommes plongent dans l'enfer, se noient sous les yeux de leurs proches, incapables de les secourir.

Rencontre de juillet 2005

projet futur : en plus de notre rencontre mensuelle, démarrer une permanence une fois par mois ou par quinzaine,

2 ou 3 personnes assumeraient une présence durant 2 ou 3 heures un samedi après-midi, pour recevoir, accueillir, écouter, répondre, parler. Une annonce serait faite dans la presse. Les permanents pourraient être joignables par téléphone.

Rencontre d’août 2005

 nécessité de partager une émotion, dès qu’elle apparaît, en en parlant. Mettre les priorités dans l’ordre.
Différence entre émotion et réaction. Ne pas s’isoler. Difficulté à s’aimer.
Enlever les anciens vêtements de son armoire comme pour  se débarrasser d’une vieille peau.
Apprendre à ne rien attendre. Prendre de la distance pour se protéger. Éviter les colères destructrices.
Ne pas faire de mal à quelque un. Faire plaisir, se faire plaisir. Établir un code de conduite.
Trouver la joie de faire du sport. La peur d’être aimée. La notion de choix: on peut toujours choisir.
Poser des actes. Être responsable de ses actes, se mettre en première personne.
Agir aisément. Vivre et laisser vivre. L’important d’abord.
Pensez…méditation…pensez. Essayer plutôt que falloir. Vouloir tout maîtriser, c’est masquer.
Vivre la journée le mieux possible: programme sur une journée, et reconduire le programme le lendemain.
Le problème : le « hier » et la peur du lendemain: solution: vivre le présent.
Ne plus penser que quelque un est responsable de son problème.
La culture bretonne : ne pas savoir aimer, être aimée. Le mot AIMER est récent dans la culture bretonne.
« être «  est antinomique avec « avoir  peur de manquer d‘argent, d‘amour». Difficulté de s’aimer, de s’accepter.
Avoir un but est capital. L’anorexie, comme moyen de se rendre visible des autres.
L’écriture a aidé plusieurs malades. Les anorexiques se font souvent voler leurs papiers.
L’anorexie dessèche le cœur aux sens propre et figuré. Cela induit solitude et dépression.

Claude

Importance de la psychothérapie pour tous ! Un chemin vers la guérison ! Une remise à plat de notre histoire ! Une exploration de notre construction !

Rencontre mai 2005